JOUR 3
La confiance de l'Église
1 Tim 2,5-8; Jn 17, 20-26
Prédicateur: Père Michel Legault, m.s.a., D. PH.
Jésus est l’unique grand prêtre capable d’offrir à Dieu le Père un sacrifice d’agréable odeur. Jésus est le seul prêtre qui peut prendre la prière de tous les hommes de tous les temps et de tous les lieux et en faire une agréable offrande au Père parce que, comme nous le dit saint Paul dans sa lettre à Timothée, il est le « seul médiateur entre Dieu et les hommes » et que, de plus, il est lui-même l’Agneau pur et sans tache, la seule victime digne d’être offerte à Dieu pour enlever le péché du monde. C’est en Jésus que toutes nos prières et nos sacrifices prennent une valeur surnaturelle et daignent plaire à Son Père du ciel.
Mais quelle est la plus belle prière et la plus belle victime que Jésus peut offrir au Père après s’être lui-même immolé comme l’Agneau pascal ? N’est-ce pas sa Mère, la toute pure et immaculée Vierge Marie ? C’est Jésus qui l’a voulue sans la tache du péché originel. Comme plusieurs Pères de l’Église l’ont enseigné, Marie est ainsi l’image, le modèle, le prototype même de l’Église que Jésus veut pure, toujours jeune et sans rides. L’Église est le corps même du Christ, son Corps mystique dont Il est la tête et Marie le membre le plus parfait.
L’Église, nous dit Vatican II, c’est « le Peuple de Dieu ». L’Église n’est pas seulement le Pape et les évêques et les prêtres, mais tous les baptisés qui constituent le « laos » (mot grec duquel vient le mot « laïc ») de Dieu. Comme Marie est une avec son Fils, Jésus désire que son Église soit une avec Lui et une entre tous ses membres. Nous sommes les membres vivants du Corps du Christ ; comment pouvons-nous vivre divisés. Jésus a prié pour que l’unité des chrétiens soit parfaite (Jn 17, 20-26).
Aussi contemplons Marie dans son intime communion de coeur avec Jésus et prions pour que, comme elle et par elle, nous soyons tous en communion de coeur avec Jésus, ayant un seul coeur et une seule âme. Qui mieux que Marie, Reine des Coeurs, peut nous aider à refaire l’unité entre les chrétiens et à vivre en communion fraternelle les uns avec les autres ? Marie, Reine des coeurs et Mère de l’Unité, faites l’unité de l’Église en régnant avec Jésus dans le coeur de tous les chrétiens et, aussi, de tous les humains créés à l’image et à la ressemblance de Dieu.
Alloins plus loin ensemble,
Le thème de ce troisième jour de la neuvaine 2011 à Marie Reine des Coeurs est « LA CONFIANCE DE L’ÉGLISE ». Et la messe choisie pour la liturgie de ce jour est celle de Sainte Marie, Mère de l’Unité. Hier soir, nous avons vu que l’Église a les paroles de la vie éternelle et que les portes de l’Enfer ne l’emporteront pas sur elle. L’Église met toute sa confiance dans la Parole de Dieu, confiance dans l’Unité restaurée à la prière même du Christ (Jn 19, 20-26).
Quand nous méditons sur l’extrait de l’évangile de Jean que nous venons tout juste de lire, il est clair que l’UNITÉ des chrétiens est au coeur du message de Jésus dans son Testament suprême livré à ses apôtres au moment de l’institution de l’Eucharistie le jeudi saint, quelques heures à peine avant sa Passion et sa mort sur la Croix. « Je ne prie pas seulement pour eux, je prie aussi pour ceux qui, grâce à leur parole, croiront en moi: 21 que tous soient un comme toi, Père, tu es en moi et que je suis en toi, qu'ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé. » (Jean (TOB) 17)
Pourquoi, nous, Chrétiens, devons-nous être UN? Jésus nous en donne le motif profond : c’est parce que l’Unité parfaite existe entre son Père et Lui, Père, tu es en moi et je suis en toi. Le Père et Jésus ne font qu’un dans l’amour car Dieu est Amour. Et les disciples de Jésus qui veulent le suivre doivent l’imiter en tout, surtout dans son amour d’intime union avec son Père. Mais l’union des Chrétiens avec Dieu, leur Père, tout comme l’union de Jésus avec Dieu, son Père, serait vide de sens si, en même temps, il n’y avait pas une véritable union d’amour entre frères dans la même foi. Car un chrétien ne peut pas prétendre aimer Dieu s’il n’aime pas son frère. Ce fondement éthique de toute vie chrétienne est déjà clairement indiqué dans le grand commandement : « Aime Dieu de tout ton coeur et aime ton prochain comme toi-même. » Les chrétiens ne peuvent pas prétendre aimer Dieu s’ils ne sont pas unis entre eux par le même amour de Dieu.
Ce désir de communion des coeurs entre tous ses disciples est le vif désir de Jésus au moment où il va instituer l’Eucharistie et se donner à chacun de nous avec son corps et son sang avant même de répandre ce même sang et d’immoler son corps sur la croix. « Qu’ils soient UN. » Ce souhait et cette prière du Christ fonderont à jamais la confiance de l’Église.
Dans le Credo, nous professons : « Je crois en l’Église, UNE, sainte, catholique [i.e. universelle] » ¸et apostolique [i.e., fondée sur les douze apôtres]. L’Église est UNE parce qu’elle est l’unique Corps mystique du Christ. Un corps tombe malade quand un de ses membres ne peut plus fonctionner, quand ses jambes ne peuvent plus répondre à son besoin d’aller chercher de la nourriture ou quand ses yeux ne montrent plus le chemin à ses jambes. Une famille devient malade quand les membres se querellent, se jalousent, se détestent ou même se nuisent mutuellement. Jésus savait que les Chrétiens, bien que devenus enfants de Dieu par le baptême et membres de la même famille qu’est l’Église, garderaient leurs tendances charnelles et que leurs intérêts personnels tout autant que leur orgueil les conduiraient à s’opposer les uns aux autres et, hélas, à diviser l’Église, brisant ainsi l’unité désirée et priée par son chef, i.e., sa tête, Jésus.
Mais qu’est-ce qui fait l’Unité de l’Église sinon la tête, son Chef, l’unique grand prêtre et parfait Médiateur de la Nouvelle Alliance, l’Unique PAROLE incarnée, le Verbe fait chair, qui se révèle à nous à travers les Écritures? Rien n’est à ajouter à son message lui qui révèle le Père : « Philippe, qui m’a vu, a vu le Père. » Jésus est la parfaite et unique révélation du Père; Dieu se dit totalement en Jésus et dans son message contenu dans les saintes Écritures. On ne peut donc rien ajouter à la Révélation faite par Jésus et faite au sujet de Jésus dans la Bible. À la fin de l’Apocalypse, il y a un verset qui est clair à ce sujet : Je déclare, moi, à quiconque écoute les paroles prophétiques de ce livre: "Qui oserait y faire des surcharges, Dieu le chargera de tous les fléaux décrits dans ce livre!
19 Et qui oserait retrancher aux paroles de ce livre prophétique, Dieu retranchera son lot de l'arbre de Vie et de la Cité sainte, décrits dans ce livre!" (Apocalypse (BJ) 22)
En plus des raisons politiques qui ont parfois influencé des mouvements dissidents dans l’Église, maintes divisions viennent de que on n’a pas gardé l’unité de la foi telle que confirmée par l’autorité établie dans l’Église par Jésus lui-même. C’est à Pierre et à ses successeurs, les Papes, seuls ou réunis en Concile, que Jésus a donné le pouvoir des clés. La Sainte Église Catholique a reçu de Jésus lui-même le pouvoir d’être la seule authentique interprète des Saintes Écritures. Cela aussi fonde la confiance de l’Église. C’est l’Église qui a autorité pour nous expliquer les Écritures et pour les appliquer à la vie quotidienne des chrétiens. C’est ce qu’elle a fait au cours des siècles à travers les enseignements de Pères de l’Église, des Papes et des Conciles. Les grands théologiens n’ont rien ajouté au contenu de la foi, mais ils nous l’expliquent et nous aident à mieux connaître et comprendre ce que Dieu veut nous dire dans les textes sacrés de la Bible.
Il est vrai que plusieurs fois au cours de l’histoire, surtout depuis le 17e siècle, Notre Seigneur et la Sainte Vierge se sont manifestés à certaines personnes privilégiées. Pensons à sainte Marguerite-Marie qui, à Paray-le-Monial, reçut les confidences du Coeur de Jésus. Pensons aux témoins qui ont eu la grâce de recevoir la visite de Marie à Lourdes, à la rue du Bac à Paris, à Pontmain, à La Salette, à Knox en Irlande et à Fatima au Portugal. Toutes ces apparitions ont été confirmées authentiques par le Magistère de l’Église. Mais il faut souligner ici que le message de chacune de ces manifestations surnaturelles n’a rien ajouté aux Saintes Écritures. Ces manifestations surnaturelles ont touché les coeurs pour les rendre plus familiers avec la Parole de Dieu et pour mieux vivre concrètement cette Parole de Dieu : appels à la conversion et à la prière et insistance sur la divine miséricorde. En fait, ces révélations personnelles n’ont de valeur qu’en autant qu’elles sont reconnues par l’autorité de l’Église et qu’elles sont en tout conformes à la Parole de Dieu qui nous est révélée dans la Bible.
Dieu s’est révélé à nous en Jésus Christ qui a lui-même ouvert les Écritures à ses auditeurs. Nous en avons un exemple marquant dans l’évangile des disciples d’Emmaüs. « Notre coeur n'était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures? » (Luc, 24, 32)
L’unité de l’Église repose sur l’unité de foi dans la Parole de Dieu et sur l’unité d’interprétation de cette même révélation de Dieu aux hommes. L’Apôtre des Gentils l’affirme à sa manière dans 1 Corinthiens 8, 6 : « Pour nous en tout cas, il n'y a qu'un seul Dieu, le Père, de qui tout vient et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus Christ, par qui tout existe et par qui nous sommes. » Le refrain que nous venons de chanter comme antienne au chant de méditation exprime bien cet enseignement de saint Paul: « Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père. » Nous pouvons ajouter : un seul Sauveur et Médiateur, une seule assemblée des fidèles, un seul Peuple de Dieu, une seule Église catholique et apostolique. Voilà qui fonde encore la confiance de l’Église.
L’unité de l’Église, - tout comme la confiance de l’Église -, est fondée sur la personne même de son Fondateur, Jésus, lequel ne fait qu’un avec le Père et qui aussi veut ne faire qu’un avec les membres de son Corps mystique parce qu’il est, Lui seul, l’unique et parfait grand prêtre et médiateur auprès du Père ainsi que nous l’avons lu dans la première lettre de saint Paul à Timothée (2, 5-6) : « Car Dieu est unique, unique aussi le médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus,homme lui-même, qui s'est livré en rançon pour tous. » Toute la prière de l’Église dans ses milliards de membres depuis la Pentecôte est UNE dans son UNIQUE grand prêtre et médiateur. C’est Jésus qui fait l’Unité dans l’Église universelle; c’est Jésus qui crée par son Esprit Saint l’unité de foi, d’espérance et de charité dans cette multitude innombrable de fidèles appelés à partager avec Jésus sa vie éternelle et glorieuse de ressuscité. Toute la confiance de l’Église est en Jésus : par Lui, avec Lui et en Lui. L’Église vit par Lui, avec Lui et en Lui.
Et où donc placer Marie dans ce grand mystère de l’Église? Comme nous l’avons vu hier soir en commentant le passage de l’Apocalypse, la Femme donnant naissance à un enfant menacé par le dragon, c’est Marie, la Mère de Jésus; mais c’est aussi Marie, la Mère de l’Église. Voilà une autre raison de la confiance de l’Église. « Mère de l’Église », Marie l’est devenue lorsque, au Calvaire, Jésus lui a confié Jean et à travers Jean tout son Corps mystique. Parce que Marie est la Mère de Jésus et parce que Jésus est la tête du Corps mystique, Marie est par le fait même la Mère du Corps mystique du Christ dans son entier; et ce corps Mystique, cette assemblée des croyants en la divinité de Jésus, c’est l’Église. Marie est la Mère de l’unique grand prêtre et parfait médiateur entre Dieu et le monde. Marie a été associée par son Fils lui-même à sa propre mort, et ce même Fils a voulu aussi associer sa Mère à sa résurrection par le triomphe de sa glorieuse Assomption, cette grande fête que nous avons célébrée hier même.
Marie est celle que Dieu a choisie pour être la Mère de son Fils et, par le fait même, pour être la Mère de ce « Peuple de Dieu » que son Fils est venu sauver. Une mère ne peut vouloir que l’unité dans sa famille car elle sait qu’il ne peut y avoir d’amour sans unité. Marie, Mère de l’Église, ne peut vouloir le bonheur de ses enfants sans vouloir qu’ils soient UN avec son Fils et entre eux. C’est donc à juste titre que nous pouvons invoquer Marie sous le vocable de Mère de l’Église et Mère de l’Unité de cette Église. Tout comme son Fils, par son Fils et avec son Fils, Marie prie pour que tous les chrétiens soient UN en Jésus. Affirmer que Marie est la « Mère de l’Unité », c’est dire implicitement que Marie veut l’unité des coeurs. Cela justifie bien le vocable sous lequel Marie est honorée dans son sanctuaire de Chertsey, Marie, Reine des Coeurs.
Prenons quelques instants pour prier Marie avec confiance, la confiance de l’Église.
Marie, Mère de l’Unité, obtiens-nous la grâce d’être unis à Dieu notre Père comme Jésus est uni à son Père et fait en tout sa volonté. Nous te le demandons en toute confiance. AMEN.
Marie, Mère de l’Unité, tu veux que nous tous, chrétiens et chrétiennes, soyons unis entre nous dans une même foi, une même confiance et un même amour; sois la Reine de nos coeurs afin que nous vivions dans la communion d’amour que Jésus veut établir entre tous les hommes.
Nous te le demandons en toute confiance. AMEN
Marie, Mère de l’Unité, aide-nous au cours de cette eucharistie à recevoir ton Fils Jésus avec des coeurs unis dans l’amour, prêts à se réconcilier et sincèrement décidés à vivre une vie d’amour fraternel, de justice et de partage.
Nous te le demandons en toute confiance. AMEN.
Marie, Mère de l’Unité, nous te prions, aide les chrétiens de toutes les confessions à surpasser leurs divergences de doctrine et de préjugés et à revenir unis dans une même famille, la sainte Église une et universelle.
Nous te le demandons en toute confiance. AMEN.
Marie, Mère de l’unité, soutiens notre confiance dans l’Église et supporte la confiance de l’Église partout où elle est divisée et persécutée.
Nous te le demandons en toute confiance. AMEN.
Mère de l’Unité, prie pour nous, pauvres pécheurs, désunis par nos rivalités et nos égoïsmes, afin que nous soyons tous unis un jour avec Jésus dans l’unité du Saint Esprit pour vivre une vie de bonheur éternel avec notre Père qui est au cieux.
Nous te le demandons en toute confiance. AMEN.
Père Michel Legault, m.s.a., D. PH.
INTENTIONS DE PRIÈRE
Prions le Seigneur
Seigneur nous voulons prolonger la prière du Christ pour l’Église, son épouse bien-aimée, avec laquelle Il ne fait qu’un seul corps.
R. Seigneur écoute-nous, Seigneur exauce-nous.
- Prions pour que le Saint Esprit soutienne tous nos pasteurs auxquels le Christ confie son Église : le Pape Benoît XVI, notre Évêque Gilles, tous les évêques, nos curés, les prêtres, ainsi que leurs collaborateurs et collaboratrices. Seigneur Jésus, Berger de tout le Peuple de Dieu, c’est en toute confiance que nous te prions.
- L’amour favorise l’unité. Tu as prié pour que tes disciples ne soient qu’un. Face à la réalité de nos divisions ecclésiales, demandons à Dieu que soient accueillies, par ses enfants, ses grâces de réconciliation et d’unité. Seigneur, nous te prions humblement.
- Jésus, tu as su faire la Vérité avec tous ceux et celles qui t’ont interrogé, même aux pharisiens pas toujours sincères. Pour que ton Esprit de Vérité assiste tous les efforts de dialogue entre les personnes de diverses religions, Seigneur, nous te prions.
- Seigneur Jésus, tu as donné à l’Église la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle à toutes les nations. Toi qui t’es fait tout à tous, daigne bénir tous les efforts missionnaires à annoncer l’Évangile en tenant compte de la diversité culturelle du monde contemporain, Seigneur, nous t’en prions.
- Jésus, Bon Pasteur, la moisson est toujours très abondante. Pour que, selon ton coeur, tu donnes de nouveaux bergers grâce à qui tu seras mieux connu et aimé, prions.
Prions
Seigneur, que ton Esprit d’Amour nous assiste afin de bien vivre le grand commandement que tu nous as donné, celui de nous aimer les uns les autres.
Qu’ainsi le monde reconnaisse que le Père t’a réellement envoyé, toi le Sauveur de toute l’humanité.
AMEN