Jour 1 - Jour après jour, faire confiance Jour 2 - La confiance en Marie Jour 3 - La confiance de l'Eglise Jour 4 - Confiance les jours de tempêtes Jour 5 - Bâtir un environnement de confiance Jour 6 - Je suis là dans vos familles Jour 7 - Je suis là ! Présence de la Vierge Marie Jour 8 - Je suis là ! Présence du Christ ressuscité Jour 9 - CONFIANCE ! Il vous précède en Galilée Neuvaine 2011

JOUR 4
Confiance les jours de tempêtes

2 Cor 1, 3-7; Mt 5, 1-12
Prédicateur: Père Michel Legault, m.s.a., D. PH.

Confiance les jours de tempêtes« Dans toutes nos détresses, Dieu nous réconforte »; c’est ce nous enseigne aujourd’hui saint Paul, lui qui a passé par tant de souffrances physiques et morales afin de faire connaître et aimer Jésus, cet Homme-Dieu « né d’une femme ». Jésus ne nous a pas promis un tapis de fleurs, mais un chemin parsemé de contradictions, de persécutions et de dérisions. Ne nous a-t-il pas dit : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix tous les jours et qu’il me suive. »

 

Suivre Jésus, cela signifie l’imiter dans le détail de notre vie, comme lorsque l’on suit (c’est-à-dire que l’on observe que l’on obéit) les directives du médecin pour triompher d’une maladie qui nous mine. Jésus a même béatifié ceux qui souffrent à cause de Son nom. « Bienheureux ceux qui sont persécutés pour la justice, le Royaume des cieux est à eux. » Jésus ne veut pas bêtement la souffrance pour la souffrance, mais il veut que l’on transforme nos croix de tous les jours en monnaie de résurrection pour la vie éternelle. Jésus nous promet que son Église va triompher en dépit de toutes les persécutions; cette divine Parole doit nourrir notre espérance.

Marie « se tenait debout au pied de la croix », dans l’attitude de la prière et de l’offrande. Elle, la Vierge des douleurs, comprend mieux que quiconque ce que c’est que de souffrir dans son corps et dans son âme. C’est pourquoi nous pouvons nous approcher d’elle, la « Consolatrice des affligés ». Ne demandons-lui pas d’abord de nous délivrer de la croix; demandons-lui en tout premier lieu d’avoir la force de faire en tout la volonté de Dieu comme son Fils à Gethsémani ; « Non pas ma volonté, mais la tienne ». Avec Marie, prions le Notre Père et pensons bien à ces quelques mots que nous disons très souvent : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».

Marie prie avec nous l’Esprit Saint pour que nous soyons, comme elle, remplis de force quand nous portons la croix avec Jésus. Marie nous redit aujourd’hui la promesse de bonheur que Jésus nous a faite sur le Mont des Béatitudes : « Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés. » (Mt 5, 1-12). O Vierge Marie, Mère des Douleurs et Consolatrice des affligés, donne-nous du coeur, c’est-à-dire du courage, toi la Reine de nos coeurs blessés mais confiants de participer un jour avec toi à la vie éternelle où il n’y aura plus ni souffrance, ni deuil mais un bonheur sans fin dans l’Amour infini de notre Dieu. (Cf. Apo chap. 19-22)

Allons plus loin ensemble,

Le thème de ce quatrième jour de notre neuvaine préparatoire à la fête de Marie, Reine des Coeurs est « Confiance dans les jours de tempêtes ». Quand nous pensons à tempête, certains souvenirs de notre enfance peuvent nous revenir en mémoire, (e.g., un violent orage sur le lac des Deux-Montagnes ou l’expérience de vagues de dix pieds de hauteur à Old Orchard); mais dans la mémoire des chrétiens du monde entier, il y a une tempête à laquelle tous peuvent penser, c’est celle des apôtres apeurés dans leur petite barque de pêche laquelle était ballottée impitoyablement par des vents violents sur le lac de Galilée, projetée en tous sens comme une toute petite écaille d’arachide dansant sur les vagues. J’ai eu l’occasion en janvier 1971 de contempler la mer de Tibériade déchaînée à tel point que notre bateau n’a pas pu nous transporter de Tiberias à Capharnaüm. Devant la fureur de ces flots généralement paisibles, j’ai compris pourquoi les apôtres avaient été terrifiés et croyaient très probablement leur dernière heure arrivée. Cette image d’une mer déchaînée sur laquelle nous naviguons avec crainte et difficulté, sans savoir même où nous allons et même parfois et en ayant perdu presque toute espoir d’en sortir s’applique bien aux situations douloureuses, difficiles, parfois inextricables, auxquelles nous sommes confrontés au cours de notre vie terrestre. Le Salve Regina donne une version équivalente mais moins dramatique lors qu’on demande à Marie, Reine et Mère de miséricorde, de venir nous secourir, nous qui sommes « gémissant et pleurant dans cette vallée de larmes,  gementes et flentes in hac lacrymarum valle. »

Saint Paul a connu des situations de détresse qui l’ont conduit plus d’une fois aux portes de la mort : menaces de mort de la part de ses compatriotes, tempêtes sur la mer, fausses accusations, bastonnades et flagellations, mises au cachot avec fers aux mains et aux pieds. Mais saint Paul a toujours gardé sa confiance en Dieu. Il l’affirme avec conviction dans l’extrait de la seconde lettre qu’il a écrite aux Corinthiens et que nous venons de lire : « Dans toutes nos détresses, Dieu nous réconforte ». Voilà ce que Paul nous enseigne aujourd’hui, lui qui a passé par tant de souffrances physiques et morales afin de faire connaître et aimer Jésus, cet Homme-Dieu, « né d’une femme ». Il est intéressant de noter que, dans les cinq versets de ce court texte, saint Paul utilise neuf fois le mot réconfort.

Saint Paul nous dit pourquoi le Christ le réconforte dans ses souffrances :
(v4. ) « Dans toutes nos détresses, il nous réconforte ; ainsi, nous pouvons réconforter tous ceux qui sont dans la détresse, grâce au réconfort que nous recevons nous-mêmes de Dieu. » Réconforté par le Christ, Paul peut donc à son tour réconforter ses frères qui souffrent. N’est-il pas un bon modèle pour nous qui avons trop souvent tendance à nous replier sur nous-mêmes dans la souffrance et l’épreuve. Paul nous invite à ouvrir notre coeur à la souffrance des autres et aussi à leur faire part de notre propre expérience, celle d’avoir été aidés par Jésus à passer à travers des tempêtes de toutes sortes.

Au verset 5, Paul nous dit que la grâce du Christ ne lui a jamais manqué. « De même que nous avons largement part aux souffrances du Christ, de même, par le Christ, nous sommes largement réconfortés. » N’est-ce pas que Jésus un jour dit à Paul qui se plaignait d’avoir une écharde dans la chair : « Ma grâce te suffit. » Plus Paul a connu la souffrance, plus il a été aidé par le réconfort que Jésus lui a apporté. Comprenons bien le mot réconfort. Il ne signifie pas que la souffrance nous est épargnée, mais il signifie que nous sommes fortifiés, rendus forts à nouveau. Le réconfort ne supprime pas la douleur et la peine, mais il donne à celui qui souffre plus de force et de courage pour supporter l’épreuve avec foi, espérance et amour.

De plus, saint Paul donne à ses souffrances une valeur apostolique. Ainsi il nous invite à faire comme lui : offrir nos souffrances avec le Christ pour soutenir ceux qui souffrent comme nous et même souvent beaucoup plus que nous. Il écrit :  (v. 6) « Quand nous sommes dans la détresse, c'est pour que vous obteniez le réconfort et le salut ; quand nous sommes réconfortés, c'est encore pour que vous obteniez le réconfort, et cela vous permet de supporter avec persévérance les mêmes souffrances que nous. »

En terminant son exhortation, Paul réitère la raison pour laquelle nous devons espérer et faire confiance même dans nos souffrances les plus vives. Dans nos souffrances et tribulations, nous devons avoir confiance que nous obtiendrons le réconfort divin : (v. 7) « En ce qui vous concerne, nous avons de solides raisons d'espérer, car nous le savons : puisque vous connaissez comme nous la souffrance, vous obtiendrez comme nous le réconfort. » Ce réconfort divin n’est pas seulement pour la vie présente durant laquelle Jésus nous aide à porter la croix avec lui, mais ce réconfort divin est l’espérance que nous participerons à la résurrection de Jésus et obtiendrons la vie éternelle de bonheur déjà promise dans le discours des béatitudes. « Heureux ceux qui pleurent :ils seront consolés ! » (Mt 5, 5)

Jésus ne nous a pas promis un tapis de fleurs, mais un chemin parsemé de contradictions, de persécutions et de moqueries. Ne nous a-t-il pas dit : « Celui qui veut être mon disciple, qu’il prenne sa croix tous les jours et qu’il me suive. » Suivre Jésus, cela signifie l’imiter et lui obéir dans le détail de notre vie, comme lorsque l’on suit les directives du médecin pour triompher d’une maladie qui nous mine. En fait, on met en pratique ce que le médecin nous a prescrit; on lui obéit.

Suivre Jésus, c’est l’accompagner jusqu’au Calvaire pour pouvoir avec lui participer à sa glorieuse résurrection. Réalisons-nous vraiment que Jésus a béatifié ceux qui souffrent à cause de Son Nom? C’est même la seule béatitude du Sermon sur la montagne que Jésus a développée. Il voulait ainsi mieux préparer les chrétiens à payer même au prix de leur sang leur fidélité à son message d’amour. (v. 10) « Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice :le Royaume des cieux est à eux ! » (v. 11) « Heureux serez-vous si l'on vous insulte, si l'on vous persécute et si l'on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi. » (v. 12) « Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! C'est ainsi qu'on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés. »

Jésus ne veut pas bêtement la souffrance pour la souffrance, mais il veut que l’on transforme nos croix de tous les jours en monnaie de résurrection pour la vie éternelle. Jésus nous promet que son Église va triompher en dépit de toutes les persécutions; cette divine Parole doit nourrir notre espérance et soutenir notre confiance.

Jésus n’a pas caché à ses disciples qu’ils auront à porter la croix avec lui parce que son Royaume et ses valeurs s’opposent à celles du monde. Le combat entre les fils des ténèbres et les enfants de la lumière, entrevu dans la Genèse et explicitement décrit dans l’Apocalypse de saint Jean, sera tout au cours de l’histoire de l’Église une cause de souffrances et de persécutions. On ne peut pas s’opposer aux puissances de l’argent et à l’industrie du sexe et de la drogue, sans rencontrer une vive opposition. On n’a regarder, par exemple, ce qui se passe à la frontière du Mexique et des États-Unis : la vie humaine n’a plus de valeur quand il s’agit de faire de l’argent par tous les moyens.

De plus, la souffrance physique fait partie du lot de la race humaine depuis sa déchéance par le péché de nos premiers parents, comme on le voit dans la Genèse. Il est donc illusoire d’écarter la souffrance de toute vie humaine et, en particulier, de tout engagement chrétien. Tout le Peuple de Dieu doit passer par le désert avant d’atteindre la terre promise qu’est le Royaume des cieux.

Et Marie, bien que conçue sans péché, n’a pas évité la de partager la croix avec son Fils et avec le Peuple de Dieu. Au Golgotha, elle « se tenait debout au pied de la croix », dans l’attitude de la prière et de l’offrande. Elle, la Vierge des douleurs, comprend mieux que quiconque ce que c’est que de souffrir dans son corps et dans son âme; elle sait mieux que quiconque le prix à payer pour participer avec Jésus au salut du monde. C’est donc avec une confiance toute filiale que nous pouvons nous approcher de celle que nous appelons « Reine des martyrs », « Secours des chrétiens », « Santé des infirmes », « Notre Dame du Perpétuel Secours », « Notre Dame de Bonsecours » et « Consolatrice des affligés ». Ne lui demandons pas d’abord de nous délivrer de la croix et de la souffrance car la croix et la souffrance font partie du plan de salut accompli par Jésus. Mais plutôt; supplions-la en tout premier lieu d’avoir la force de faire en tout la volonté de Dieu tout comme son Fils en agonie à Gethsémani; il cria à son Père « Non pas ma volonté, mais ta volonté » et il but le calice de sa passion que l’ange lui tendait. Avec Marie, prions le Notre Père et pensons bien à ces quelques mots que nous disons très souvent : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Pensons alors au Fiat qu’elle a dit quand le Père éternel lui demanda par son messager, l’archange Gabriel, de devenir la mère de son Fils. Elle accepta alors non seulement d’être la Mère de Dieu, mais aussi la Mère du Serviteur souffrant, de l’Agneau immolé qui enlève le péché du monde.

Mère de l’Église en marche et en lutte contre les forces du mal, Marie est près de chacun de ses enfants. Marie prie l’Esprit Saint avec chacun de nous et pour chacun de nous afin que nous soyons, comme elle, remplis de force quand nous portons la croix à la suite de Jésus. Marie nous redit aujourd’hui la promesse de bonheur que Jésus nous a faite sur le Mont des Béatitudes : « Heureux ceux qui pleurent : ils seront consolés. »

 

O Vierge Marie, Mère des Douleurs et Consolatrice des affligés, donne-nous du coeur, c’est-à-dire du courage, toi la Reine de nos coeurs blessés mais confiants de participer un jour avec toi à la vie éternelle où il n’y aura plus ni souffrance, ni deuil mais un bonheur sans fin dans l’Amour infini de notre Dieu. (Cf. Apo chap. 19-22)

O Vierge debout au pied de la croix et réconfort de tes enfants souffrants, accompagne-nous durant cette eucharistie où nous allons recevoir dans notre coeur le corps, le sang, l’âme et la divinité de ton Fils Jésus. Fais que la réception du corps de ton Fils glorifié soit pour nous l’occasion de nous d’identifier librement amoureusement notre volonté à celle de Notre Père qui est aux cieux. Qu’en tout la volonté de Dieu soit fait sur la terre comme au ciel.

Pour terminer notre méditation sur Marie, «Consolatrice des affligés », empruntons à la liturgie des vêpres, cette hymne qui conclut la prière vespérale  de l’Église, le Salve, Régina:

« Salut, Reine, Mère de Miséricorde, notre vie, notre douceur, notre espérance. Salut!
Enfants d’Ève, exilés, nous levons nos cris vers toi.
Vers toi nous gémissons et soupirons en cette vallée de larmes.
Ô Vierge, notre avocate, tourne vers nous tes yeux miséricordieux
Et après cet exil, montre-nous Jésus, le fruit béni de tes entrailles.
Ô clémente, ô aimante, ô douce Vierge Marie. »

Père Michel Legault, m.s.a., D. PH.


INTENTIONS DE PRIÈRE

Prions le Seigneur

Père de tendresse et de miséricorde, reçois nos prières comme un cri d’angoisse de l’humanité souffrante.

R. Seigneur écoute-nous, Seigneur exauce-nous.


  1. Puisque, dans toutes nos détresses, tu nous réconfortes : pour que nous soyons toujours attentifs à réconforter tous ceux et celles qui sont dans l’épreuve, Jésus doux et humble de coeur, nous te prions.
  2. Seigneur, tant de nos frères et soeurs prennent part à tes souffrances: les persécutés pour la foi, les malades, les victimes d’injustice, les familles affligées, les professionnels de la santé. Soutiens leur labeur, nous t’en prions.
  3. Dans notre monde déshumanisé, des hommes et des femmes souffrent du mal de vivre. Pour ceux et celles qui soutiennent les personnes dépendantes de consommations, les affligés de troubles affectifs, psychologiques et les mésadaptés sociaux, nous te prions avec espérance.
  4. Haïti, le Pakistan et le Japon ont été durement frappés par des cataclysmes naturels, des populations souffrent de la famine et d’autres sont constamment affligées par la guerre, spécialement au Moyen-Orient et en Afrique. Pour que ton Esprit inspire des gestes de solidarité et assiste les rencontres de négociation, Jésus consolateur, nous te prions.
  5. La mort vient tantôt rapidement : accident, suicide, crise cardiaque; tantôt lentement : maladies dégénératives, vieillesse. Ces départs occasionnent toujours leur lot de souffrance. Nous te demandons, Seigneur, que l’espérance apaise toujours les douleurs de solitude et de deuil.

Prions

Seigneur, avec Saint Paul, donne-nous la confiance d’achever dans notre chair ce qui manque aux épreuves du Christ pour son Église.

AMEN


Conditions d'utilisation et droit de reproduction du site