JOUR 7
Je suis là !
Présence de la Vierge Marie
Gn 3, 9-15, 20; Jn 19, 25-27
Prédicateur: Père Michel Legault, m.s.a., D. PH.
Dans son enseignement, saint Paul nous fait comprendre que nous, les Chrétiens, nous sommes le Corps du Christ parce que nous sommes ses membres, le Christ étant la tête. Et, à cause de l’union intime des membres et de la tête, on ne peut pas concevoir que les jambes set les bras ou les yeux, etc. se séparent et refusent de travailler au bon fonctionnement de tout l’organisme. Il en va de même pour le corps du Christ qui est l’Église. Comme réalité vivante, l’Église est composée de membres, d’organes qui doivent travailler les uns avec les autres en harmonie pour le bien de tous et animés par le même influx, la même vie de grâce qui vient de la tête, le Christ, notre Seigneur. Donc l’Église est une par la vie divine qui anime ses membres, indépendamment de leurs fonctions.
Â
Mais comme tout organisme vivant, l’Église doit sans cesse lutter pour garder son unité et se protéger contre l’invasion des virus de l’hérésie ou des fractures du schisme. L’Église sera jusqu’à la fin des temps en lutte contre les forces du Mal. Ce combat a été annoncé dans la Genèse mais nous avons la promesse que la descendance d’Ève triomphera (Gn 3, 9-15,20 Apo ch. 20 à 22). La femme écrasera le serpent. C’est cette identification entre Marie et l’Église que nous pouvons deviner dans la peinture de Murillo représentant Marie Immaculée écrasant le serpent de son talon.
Marie préfigure l’Église dont elle est le modèle mais aussi la Mère. Pourquoi Marie peut-elle être considérée comme Mère de l’Église? Parce qu’elle est la Mère de celui qui a introduit l’humanité dans la Nouvelle Alliance en son sang. Elle est la Mère du Christ, tête de l’Église; mais elle est aussi la Mère du Christ total, du Corps mystique du Christ, même si elle-même fait partie intégrante du Corps mystique, tout Jésus lui-même en fait partie en tant que tête.
Marie est aussi la Mère de l’Église parce que Jésus lui a confié en Jean tous les croyants, tous les « hommes de bonne volonté », ou plus exactement « objet de la bienveillance de Dieu » comme les Anges l’ont chanté à Noël.
Ô Marie, Mère de l’Église, soutiens tes fils ballottés par les flots de la persécution et de la dérision. Soutiens l’Église dans l’unité et ramène avec Jésus ton Fils dans l’unité de l’Église toutes les brebis dispersées afin qu’elles ne forment qu’un seul troupeau, en communion avec un seul Pasteur.
Allons plus loin ensemble,
« L’homme appela sa femme ‘Ève’ parce qu’elle fut la mère de tous les vivants. » (Gn 3,20) Ces vivants, à cause du péché, sont destinés à la mort. Mais Dieu prépara une mère immaculée pour le Peuple de la Nouvelle Alliance, Peuple de Dieu racheté par Jésus. Cette Mère toute pure qu’il donna à son Fils au moment de l’Incarnation et que Jésus donna à tout son Corps mystique dans la personne de saint Jean au Calvaire, c’est Marie, que certains Pères de l’Église appelle la « Nouvelle Ève », la Mère toute pure des vivants destinés, non plus à la mort, mais à la vie éternelle. « Éva » fut changé en « Ave ».
Marie est par la volonté expresse de Jésus la Mère du Peuple qu’il a régénéré à la vie divine par l’eau et le sang sorti de son côté transpercé par la lance. « Voici ton fils! Voici ta Mère ! » Jean, le disciple bien-aimé, devint le fils de Marie et, en bon fils adoptif, c’est lui qui dorénavant prendra soin de Marie jusqu’à son Assomption au ciel.
Marie se voit donc confier par Jésus toute le nouveau Peuple de Dieu. Elle en devient la Mère et elle resera avec ce peuple, cette Assemble des sanctifiés par le baptême, cette ÉGLISE, une, sainte et catholique par son Chef, Jésus, et apostolique par les douze apôtres que Jésus établit comme douze colonnes de fondation. Marie est vraiment devenue au Golgotha la MÈRE DE L’ÉGLISE.
C’est à la clôture de la 3e session du Concile Vatican II, le 21 novembre 1964, que Paul VI a solennellement proclamé Marie, « Mère de l’Église », i.e., Mère de tout le peuple chrétien, fidèles et pasteurs, qui l’appellent « mère très aimante » et qui sont très heureux d’ajouter à l’honneur de la Mère de Dieu « ce nom très doux »
Parce que Marie est Mère de l’Église et de tous les chrétiens, elle est présente à toute la vie de l’Église, à ses joies et à ses peines; elle assiste ses enfants qui luttent contre le Dragon et les conduit à la victoire que leur a assurée son Fils ressuscité.
Nous avons confiance en Marie parce qu’elle est toujours là avec nous, ses enfants. La prière probablement la plus ancienne à Marie que nous connaissions, prière liturgique bien antérieure au chapelet promu par saint Dominique, c’est le Sub tuum praesidum. Nos ancêtres dans la foi ont invoqué Marie ainsi pendant près de huit siècles avant l’utilisation du chapelet. Écoutons-là et nous verrons que dès les âges les plus reculés de l’Histoire de l’Église les chrétiens d’Occident et d’Orient se tournaient en toute confiance vers la Mère de Dieu, la Théotokos, dans leurs afflictions de toutes sortes. En voici la traduction que l’on trouve dans l’Office du temps présent :
Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, Sainte Mère de Dieu.
Ne méprise pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve,
Mais de tous les dangers délivre-nous toujours.
Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse.
Cette courte prière est très vénérable par son ancienneté. Remarquez que les chrétiens du premier millénaire professent que Marie est la « Sainte Mère de Dieu » et c’est là la raison de leur confiance. Remarquez qu’ils appellent aussi Marie, « Vierge glorieuse, Vierge bienheureuse ». Ils reconnaissent ainsi la virginité perpétuelle de Marie qui a mis au monde Jésus sans perdre sa virginité et qui est maintenant glorifiée et béatifiée depuis son Assomption. Et ici c’est pour ces chrétiens des premiers siècles un autre motif de confiance : Marie, Mère de Dieu, glorifiée dans le ciel est capable d’écouter leurs prières et de les soutenir dans l’épreuve, dont celle des sanglantes persécutions. Ils la prient comme étant pour eux une Mère aimante et secourable.
C’est cette foi des chrétiens des premiers siècles que nous retrouvons dans l’invocation de Marie, Notre Dame du Perpétuel Secours. « Perpétuel secours! » Pesons bien les mots : « perpétuel » signifie « qui se prolonge », « qui ne s’interrompt pas ». Nous croyons que jamais Marie ne cesse de nous secourir et d’intercéder pour nous auprès de son Fils. Elle est en train de nous secourir aussi longtemps qu’elle est en présence de son Fils depuis son Assomption glorieuse.
Mais même alors qu’elle vivait sur terre, Marie a exercé maintes fois son rôle de mère secourable. Survolons rapidement les Évangiles. Marie protège Jésus dès sa naissance à Bethléem contre le froid, la faim et l’absence de logement convenable « car il n’y avait plus de place pour eux dans l’hôtellerie »(Lc 2,7). Marie protège Jésus avec l’aide de Joseph quand ils doivent s’enfuir en Égypte avec l’Enfant Jésus menacé de mort par Hérode. Marie a protégé Jésus tout au long de son exil en Égypte et durant leur retour en Galilée et leur réinsertion à Nazareth. Pendant trente ans Marie a veillé sur son Fils avec une sollicitude toute maternelle. Et durant les trois ans de vie publique de Jésus, Marie l’a accompagné discrètement avec les saintes femmes, les mêmes qui seront avec elle au pied de la croix, ces saintes femmes à qui Jésus apparaîtra avant même de se manifester à ses apôtres.
De la vie publique de Jésus, je retiens en particulier un événement qui montre la sollicitude de Marie pour les personnes en difficulté. Ce sont les noces de Cana. Tout le monde est joyeux;le bon vin commence à faire son effet, mais un gros nuage noir plane au-dessus des nouveaux époux et de leurs parents : les cruches de vin sont presque à sec. Peut-être n’avait-on pas prévu la présence des douze apôtres et des soixante-douze disciples dont certains sont peut-être venus avec leur femme et leurs enfants comme c’est souvent l’habitude au Moyen Orient. Catastrophe! Mais Marie a tout vu. Discrètement elle s’approche de Jésus et lui glisse à l’oreille : « Ils n’ont plus de vin. » Marie ne demande rien à Jésus, mais elle éveille l’attention de son Fils au problème menaçant. Remarquez que Jésus n’a encore fait aucun miracle. Il est encore au début de son ministère public. Marie suggère implicitement à Jésus de faire quelque chose, mais elle ne sait pas ce qu’il fera. Elle n’a jamais vu Jésus utiliser son pouvoir de guérir ou de multiplier les pains. Mais Marie a confiance en son Jésus. Il va certainement trouver une solution au problème.
C’est alors que Jésus éprouve la foi de sa Mère. « Que me veux-tu, Femme. Mon heure n’est pas encore arrivée » (Jn 2,4)? Notons en passant que le terme « Femme » n’est pas un manque de respect; au contraire! Rappelez-vous que les nobles appelaient leur mère : « Madame » et je me souviens de papa qui appelait grand-maman, « Sa Mère », Vous avez vu aussi l’utilisation de « Sa mère », « Son père » dans des émissions comme Le temps d’une paix. Utiliser la troisième personne du singulier, c’est une manière de manifester du respect comme on le voit en espagnol et en italien. On dit bien « Sa Majesté » quand on s’adresse à la reine, ou « son Excellence » pour un évêque, « Son éminence » pour un cardinal et « Sa Sainteté » pour le pape.
Jésus respecte donc sa maman mais il lui rappelle que son « heure », l’heure de la manifestation de sa divinité qui doit suivre l’heure de sa passion, n’est pas encore arrivée. Ici il est intéressant de souligner l’efficacité de la prière de Marie. En toute confiance, elle se tourne vers les serviteurs et leur dit : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Marie agit ainsi dans la foi pure et la confiance la plus totale. Et sa prière d’intercession est si puissante que Jésus va faire alors son premier miracle, le « premier signe » qui manifeste sa divinité : il change l’eau en vin. Voilà un bon exemple du pouvoir maternel de Marie. Voilà pourquoi nous pouvons avoir confiance en elle.
Je veux encore souligner une autre présence de Marie en Église où elle jour sa mission d’intercession; c’est la présence ce Marie au Cénacle le jour de la Pentecôte. Au départ de Jésus à l’Ascension, obéissant aux ordres de Jésus, les apôtres un peu tristes du départ de leur Maître se réunissent autour de Marie et prient avec elle pendant neuf jours. C’est la première et la plus importante neuvaine de l’Historie de l’Église. Toutes les autres neuvaines ne font qu’imiter ce modèle parfait de neuvaine faite en Église, i.e., en assemblée des fidèles, avec la présence de Marie. Marie est là pour préparer la venue du Saint Esprit. Marie est là quand l’Esprit Saint descend sous l’aspect de langues de feu sur chacune des personnes présentes. Marie a alors été confirmée par l’Esprit Saint lui-même comme Mère de l’Église.
Et Marie continuera en compagnie de saint Jean à exercer auprès des premiers cheétiens psesécutés son rôle de Mère de l’Église.
Enfin, Marie monte au ciel. Mais elle reste présente à tous les membre du Peuple de Dieu qui l’invoquent sous tous les beaux titres que nous trouvons dans les litanies de la Sainte Vierge : « Mère de la divine grâce », « Mère sans tache », « Mère aimable », « Mère admirable », « Mère du bon conseil », « Mère du Créateur », « Mère du Sauveur », « Arche de l’Alliance », « Porte du ciel », « Étoile du matin » et combien d’autres. Ces invocations sont toutes des facettes de la présence de Marie parmi nous, le Peuple de Dieu.
Voilà pourquoi nous pouvons mettre notre confiance en elle. Jésus, son fils, nous a dit à plusieurs reprises « N’ayez pas peur. » et tout juste avant de monter vers le Père il encourage ses disciples en leur garantissant sa constante présence : « Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28,20). Marie, Mère de l’Église, s’appuyant sur sa Maternité divine nous dit, à la suite de son Fils qui est à jamais inséparable d’elle : « Confiance! Je suis là ! »
Tout comme Jésus a dit : « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Mat 11, 28), de même Marie nous ouvre son manteau de Soleil, celui décrit par l’Apocalypse de saint Jean; elle nous invite à venir nous y abriter pour y trouver force, consolation, guérison, pardon, réconfort, joie du coeur, santé de l’âme et du corps. Elle est la Reine des coeurs; elle nous invite à nous réfugier dans son Coeur maternel qui nous aime de l’amour même dont l’Esprit Saint l’enflamme, l’amour très pur de son divin Fils.
Marie, Reine des coeurs, nous savons que tu es toujours présente à l’Église de ton Fils. Soutiens tous tes enfants persécutés.
Marie, Mère de l’Église, nous te prions.
Marie, Reine des coeurs, nous nous réfugions sous ta protection maternelle. Obtiens-nous la guérison de nos âmes et de nos coeurs pour mieux servir ton Fils Jésus en Église.
Marie, Mère de l’Église, nous te prions.
Marie, Reine des coeurs, nous te confions notre Pape et tous nos pasteurs. Soutiens-les dans le bon combat pour la vérité et la justice.
Marie, Mère de l’Église, nous te prions.
Marie, Reine des coeurs, nous te confions tous les jeunes chrétiens à travers le monde, mais tout spécialement ceux qui actuellement participent aux Journées Mondiales de la Jeunesse à Madrid. Obtiens-leur la force de témoigner de Jésus Christ par leurs paroles et par leur conduite.
Marie, Mère de l’Église, nous te prions.
Enfin, Marie, Reine des coeurs, nous te confions ton Sacntuaire de Chertsey. Fais qu’il soit un lieu de conversion des coeurs, un sanctuaire où tous tes enfants puissent trouver la paix du coeur parce que, ici, tu nous redis : « Confiance! Je suis là avec vous, »
Marie, Mère de l’Église, nous te prions.
O Marie, Reine des coeurs, merci de nous conduire à Jésus Eucharistie en toute confiance. AMEN.
Père Michel Legault, m.s.a., D. PH.
INTENTIONS DE PRIÈRE
Prions le Seigneur
Seigneur, tu peux nous aveugler de signes splendides en te dévoilant à nous, mais tu préfères être discret, tout comme ta mère, la Vierge Marie. Nous la croyons présente et sensible à nos demandes de bien-être pour tous.
R. Seigneur écoute-nous, Seigneur exauce-nous.
- Présente à la naissance et à l’enfance de ton fils, Vierge Marie, tu n’as pas immédiatement tout compris des épisodes de sa vie : la visite des bergers et des rois mages, la fuite en Égypte, la fugue au Temple. Marie, pour qu’à ton exemple et à ton aide, nous sachions garder dans nos coeurs les mystères de ces événements, nous te prions.
- Présente à la vie publique de ton fils, Vierge Marie, tu l’as laissé libre de suivre sa mission au Nom du Père. Pour que nous fassions confiance à l’exercice du libre arbitre de nos frères et soeurs, nous invoquons ton aide pour que nous sachions comment les soutenir dans leurs décisions.
- Présente aux noces de Cana, tu as simplement attiré l’attention de ton fils aux besoins des mariés et de leurs convives. Nous te prions de rappeler à ton fils que l’humanité invitée aux noces de l’Agneau manque de vin.
- Présente au pied de la Croix, tu nous as reçus comme fils et filles à travers le disciple bien-aimé. Nous t’acceptons comme notre Mère et nous te demandons de nous aider à être fidèles à la vie nouvelle de notre Baptême.
- Présente au Cénacle, tu étais avec les disciples qui attendaient de la venue de l’Esprit-Saint. Mère de l’Église, nous te prions de la soutenir, comme le Corps du Christ, dans l’accomplissement de sa mission.
Prions
Seigneur Jésus, tu as associé ta Mère à ta mission. Accordes-nous les grâces particulières pour reconnaître son rôle unique dans la marche du Peuple de Dieu vers la Nouvelle Jérusalem.
AMEN