5 mai, Jn 14, 23-29 : Au cri de tristesse se substitue le cri de tendresse de l’Esprit

Mai 04, 2013 0 Comments Bloggies by Normand Decary

Évangile :

À l’heure oĂč JĂ©sus passait de ce monde Ă  son PĂšre, il disait Ă  ses disciples : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidĂšle Ă  ma parole; mon PĂšre l’aimera, nous viendrons chez lui, nous irons demeurer auprĂšs de lui. Celui qui ne m’aime pas ne restera pas fidĂšle Ă  mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du PĂšre, qui m’a envoyĂ©.

« Je vous ai dit cela pendant que je demeure encore avec vous; mais le DĂ©fenseur, l’Esprit-Saint que le PĂšre enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.

« C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne; ce n’est pas Ă  la maniĂšre du monde que je vous la donne. Ne soyez donc pas bouleversĂ©s et effrayĂ©s. Vous avez entendu ce que je vous ai dit : Je m’en vais, et je reviens vers vous. Si vous m’aimiez, vous seriez dans la joie puisque je pars vers le PĂšre, car le PĂšre est plus grand que moi. Je vous ai dit toutes ces choses maintenant, avant qu’elles n’arrivent; ainsi, lorsqu’elles arriveront, vous croirez. »

Commentaires :

Comment ne pas ĂȘtre bouleversĂ©s lorsque nous apprenons qu’un proche que nous aimons nous quitte, et ce bouleversement est Ă  la mesure de l’importance de cette personne dans notre quotidien? Un vide immense s’ouvre sous nos pieds Ă  l’instant de l’annonce de cette absence imminente. La vie perd toute sa couleur et elle devient sans importance. « Ton amour vaut plus que la vie.» ( Ps 63) revient sans cesse Ă  l’oreille du cƓur Ă©plorĂ©. Partir avec la personne qui nous quitte vaut mieux que de vivre sans cette personne. Tout s’obscurcit devant les yeux de celui dont le cƓur est ainsi troublĂ©. L’arbre en fleur n’apporte plus de joie, le soleil sur le lac ne danse plus, le chant des oiseaux se frappe Ă  des oreilles sourdes. Tout est pluvieux sous le voile des larmes.

C’est bien ce que les disciples vivent Ă  ce moment du dĂ©part de JĂ©sus vers son PĂšre. Ce JĂ©sus, ils l’aiment malgrĂ© toutes les faiblesses et les manques de leur amour, ils l’aiment de tout leur cƓur, de tout leur esprit
 nous ne pouvons pas douter de cet amour des disciples pour JĂ©sus, si misĂ©rable soit-il. C’est pourquoi leur cƓur est bouleversĂ© et effrayĂ© Ă  cette annonce.

Personne n’avait fait connaitre et gouter Ă  chacun des disciples cette tendresse qui Ă©manait de JĂ©sus, cette bontĂ© envers chacun. Personne, mĂȘme leur maman et leur papa, n’avait cette attention Ă  chacun pour les remettre toujours sur le chemin de la joie et du sens. Personne n’était jamais parvenu Ă  leur faire voir ce que l’on ne peut voir de l’amour de Dieu et de sa prĂ©sence constante sur la terre comme au ciel.

Les disciples avaient besoin de cette Ă©treinte quotidienne, de cette chaleur de la prĂ©sence de JĂ©sus qui mettait le feu dans leur cƓur et le soleil dans leur esprit. Ils avaient besoin de son regard sur eux pour les rassurer, de cette force qui les gardait fidĂšles Ă  leur cƓur, de cette lumiĂšre qui rassure, qu’importe l’heure du jour ou de la nuit. Que dire des paroles de JĂ©sus et la pensĂ©e de ne plus entendre cette parole? Ils ne pouvaient s’imaginer s’en priver tellement elle Ă©tait devenue indispensable au quotidien pour assouvir leur soif de justice, le besoin de vĂ©ritĂ© pour avancer dans l’amour et la paix.

Il ne sera plus lĂ  avec eux pour parcourir les villes et annoncer la bonne nouvelle, il ne sera plus lĂ  au matin quand le soleil se lĂšve au chant des oiseaux. Il ne sera plus lĂ  pour faire oublier la quĂȘte du pain quotidien. Il ne sera plus lĂ  pour les conduire Ă  l’écart pour prier et se reposer, il ne sera plus lĂ  pour les Ă©veiller de son ardeur Ă  rĂ©pandre la lumiĂšre de la vie. Il ne sera plus lĂ  pour les lancer au large sur les routes pour porter la paix et la joie du royaume qui vient. Il ne sera plus lĂ  pour prendre leur dĂ©fense contre tous ces pouvoirs qui veulent les enterrer dans le formalisme de la loi, les garder muets Ă  l’annonce de la parole de Dieu. Il ne sera plus lĂ  Ă  marcher avec eux et Ă  discuter pour ouvrir la Porte qui conduit Ă  la vie. Les journĂ©es seront longues, interminables et sans but sans sa prĂ©sence qui donne sens Ă  chaque instant, Ă  chaque Ă©preuve, Ă  chaque joie et peine.

Les disciples sont bouleversĂ©s et effrayĂ©s Ă  la pensĂ©e de son dĂ©part.   « "Seigneur, Ă  qui irons-nous? Tu as les paroles de la vie Ă©ternelle. Nous, nous croyons, et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu."» (Jean 6:68-9) Ce cri sincĂšre venu du plus profond du cƓur de Pierre, ce cri qui pourtant ne lui donnera pas le courage de le suivre quand les pouvoirs religieux viendront arrĂȘter son Pasteur, ce cri dĂ©voile ce que JĂ©sus par son dĂ©part viendra combler en leur envoyant l’Esprit qui viendra en eux. Au cri de Pierre se substituera le cri de l’Esprit Saint, un cri de tendresse ( Rom 8, 14-17), un cri qui viendra le pousser, le conduire, car le Saint Esprit viendra l’habiter pour le sanctifier et le conduire Ă  la plĂ©nitude de la relation avec celui qu’il aime. Nous voyons dĂ©jĂ  l’Église s’élever, car l’Esprit est le gage d’un immense mouvement d’ascension, de croissance, d’amour vers la communion pleine avec Dieu.

Un cri de tendresse qui vient faire des fils et des filles. « Je vous ai dit cela pendant que je demeure encore avec vous; mais le DĂ©fenseur, l’Esprit-Saint que le PĂšre enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.»

L’Esprit fera prendre conscience aux disciples de cette filiation afin de les introduire dans cet esprit de filiation, qui est esprit d’amour parce que c’est par amour qu’ils sont choisis, appelĂ©s, justifiĂ©s, adoptĂ©s comme enfants du PĂšre. Oui, cet amour qu’exprime ce cri de tendresse est communication permanente de l’Esprit qui s’instaure dans le cƓur de chacun qui croit au Fils.

Comment ne pas gouter la paix, cette paix qui est au-dessus de toutes les quiĂ©tudes que les sĂ©curitĂ©s de ce monde peuvent procurer, une paix dont la source est l’amour trinitaire, une paix que rien en ce monde ne peut enlever Ă  celui qui perd tout avec JĂ©sus pour la gagner? Nous sommes enfants de Dieu! Y a-t-il plus grande joie?

Saint Paul dit : c’est nous qui crions dans l’Esprit ( Ro 8, 15) ; tantĂŽt c’est l’Esprit qui crie en nous  (Gal 4, 6). De toute façon, c’est l’Esprit en personne qui, avec notre esprit, rend tĂ©moignage que nous sommes enfants de Dieu. ( Rom, 8, 16)

NDC

4 mai, Jn 15,18-21 : Le monde transpercera le cƓur de celui qui le sauve.

Mai 03, 2013 0 Comments Bloggies by Normand Decary

Évangile :
« Si le monde a de la haine contre vous, sachez qu'il en a eu d'abord contre moi.
Si vous apparteniez au monde, le monde vous aimerait, car vous seriez Ă  lui. Mais vous n'appartenez pas au monde, puisque je vous ai choisis en vous prenant dans le monde; voilĂ  pourquoi le monde a de la haine contre vous.
Rappelez-vous la parole que je vous ai dite : Le serviteur n'est pas plus grand que son maßtre. Si l'on m'a persécuté, on vous persécutera, vous aussi. Si l'on a observé ma parole, on observera aussi la vÎtre.
Les gens vous traiteront ainsi à cause de moi, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé. »
Commentaires :

Un jour, un ange du nom de Gabriel fut envoyĂ© par Dieu dans une ville de GalilĂ©e, du nom de Nazareth. Un ange, voilĂ  bien un terme qui surprend et choque notre esprit qui n’a rien Ă  voir avec un monde uniquement spirituel. L’esprit de l’homme est liĂ© indissolublement avec son corps, il l’expĂ©rimente tous les jours. PrivĂ© de son corps, que ce soit par la maladie, par la pauvretĂ©, la torture, l’exploitation, son esprit suit l’état dans lequel son corps se trouve. Il y a pourtant des tĂ©moignages d’ĂȘtres humains qui dĂ©mentent ce fait puisque, malgrĂ© des conditions de vie insupportable, ils demeurent dans la joie. Pour le monde en gĂ©nĂ©ral, ces personnes sont des exceptions, et l’exception ne fait pas la rĂšgle. Pour assurer le bonheur d’un ĂȘtre humain, il faut satisfaire les besoins primaires de son corps, le manger, le boire, le confort, lui assurer une vie saine pour le maintenir en vie, le plus longtemps possible. À la mort de son corps, l’esprit disparaĂźt, du moins c’est ce que l’expĂ©rience semble confirmer.

Le monde a horreur du vide, il veut du pain et des jeux pour traverser le temps de son corps de la maniĂšre la plus intense possible, car il n’a qu’une vie Ă  vivre, et vaut mieux en profiter. Gagner sa vie pour fournir au corps tout ce dont il a besoin occupe beaucoup de temps Ă  celui qui poursuit ce but. Organiser des festins tous les jours pour se repaĂźtre de ses biens prend aussi Ă©normĂ©ment de temps, et l’esprit s’enlise dans le ventre plein, jusqu’à l’inconscience et l’indiffĂ©rence de l’autre qui est en manque de ces biens. L’esprit devient aveugle aux rĂ©alitĂ©s de l’esprit dans un corps qui prend toute la place.

« Il y avait un homme riche qui se revĂȘtait de pourpre et de lin fin et faisait chaque jour des festins. Et un pauvre, nommĂ© Lazare, gisait prĂšs de son portail, tout couvert d'ulcĂšres. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche... » (Lc 16, 19-20l) Pendant que l’un ne voyait pas son prochain, l’autre voyait les miettes sous la table de son proche dont il aurait bien voulu s’approprier pour soulager sa faim. Le riche ne voulait pas voir Lazare et lorsqu’il l’entrevoyait dans un petit moment de luciditĂ©, il dĂ©testait Lazare et trouvait prĂ©texte pour le rendre coupable de son sort. Vous savez, toutes ces raisons pour juger l’autre et ne pas lui partager de son bien, pour faire taire l’esprit libre du corps et ne pas tenir des propos pour continuer Ă  se repaĂźtre et Ă  rire dans l’indiffĂ©rence. Le monde qui rĂ©duit le monde Ă  ce monde passager a de la haine pour tout ce qui l’invite Ă  rendre justice, Ă  faire la paix, Ă  pleurer avec ceux qui pleurent, Ă  garder de l’appĂ©tit pour la justice, Ă  s’élever au-dessus de ses besoins personnels, Ă  se faire artisan de paix. Le monde qui rĂ©duit le monde qu’à la rĂ©alitĂ© du corps et Ă  son aise, a de la haine pour ce qui est esprit, pour vivifier son esprit par des activitĂ©s de l’esprit. « Ainsi, vous n'avez pas eu la force de veiller une heure avec moi! Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation : l'esprit est ardent, mais la chair est faible. » (Mt 28, 40) Veillez et priez pour ne pas vous endormir et mettre tout votre cƓur Ă  ne poursuivre que le pain et les jeux et Ă  renoncer Ă  votre libertĂ©. Il n’était pas difficile pour le riche de lancer un morceau de pain Ă  Lazare, c’était impossible, il ne le voyait pas, son esprit dormait.

Un ange, un pur esprit fut envoyĂ© par « Dieu qui est esprit » (Jn 4, 24) dans une petite ville de GalilĂ©e Ă  une jeune fille du nom de Marie. Cette jeune fille n’est pas du monde, elle n’appartient pas au monde, car Dieu l’a prĂ©parĂ©e par avance par les mĂ©rites de son Fils, pour ĂȘtre la mĂšre du Fils de Dieu dans le monde par la puissance de l’Esprit. Le Verbe de Dieu venait prendre chair par l’Esprit selon la volontĂ© d’amour du PĂšre afin de sauver ce monde qui ne le reconnaĂźt pas. « Il Ă©tait dans le monde, et le monde fut par lui, et le monde ne l'a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l'ont pas accueilli. Mais Ă  tous ceux qui l'ont accueilli, il a donnĂ© pouvoir de devenir enfants de Dieu, Ă  ceux qui croient en son nom, lui qui ne fut engendrĂ© ni du sang, ni d'un vouloir de chair, ni d'un vouloir d'homme, mais de Dieu. » (Jn 1, 10-13) Dieu vient chez les siens, car l’homme n’est pas seulement un corps liĂ© indissolublement Ă  un esprit, il est créé Ă  l’image de Dieu, et Dieu lui-mĂȘme est amour. Dieu est amour et il vient dans ce monde qui n’a d’amour pour ce qui appartient au monde et ce qui lui appartient ce sont tous les biens qui passent. Dieu ne passe pas et le monde qui passe ne croit pas Ă  ce qui est Ă©ternel, il se rĂ©signe Ă  la mort et Ă  trouver profit en cette vie qui passe, qu’importe les Lazare qui n’ont que misĂšre et pauvretĂ© toute leur vie.

Le monde ne parvient pas Ă  entendre la Bonne Nouvelle de l’ange annoncĂ©e Ă  Marie, une nouvelle si extraordinaire que nous ne parvenons pas Ă  y croire : « RĂ©jouis-toi, comblĂ©e de grĂące, le Seigneur est avec toi. » (
)Voici que tu concevras dans ton sein et enfanteras un fils, et tu l'appelleras du nom de JĂ©sus. Il sera grand, et sera appelĂ© Fils du TrĂšs-Haut. Le Seigneur Dieu lui donnera le trĂŽne de David, son pĂšre; il rĂ©gnera sur la maison de Jacob pour les siĂšcles et son rĂšgne n'aura pas de fin. (
) « L'Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du TrĂšs-Haut te prendra sous son ombre; c'est pourquoi l'ĂȘtre saint qui naĂźtra sera appelĂ© Fils de Dieu. » (Lc 1, 28.31-33.35) RĂ©jouis-toi, rĂ©jouissons-nous tous et pourtant nous demeurons hĂ©sitants
 « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas ma main dans son cĂŽtĂ©, je ne croirai pas. » (Jn 20, 25) Nous voulons voir ce que nous ne pouvons voir que dans l’esprit et l’esprit exige qu’on le maintienne en Ă©veil par la priĂšre et la veille pour qu’il ne s’endorme pas dans les soucis de ce monde. « Parce que tu me vois, tu crois. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru. » (Jn 20, 29) Heureux ceux qui par la foi purifient leurs cƓurs, ils verront les rĂ©alitĂ©s qu’on ne peut voir que par l’esprit. « Heureux les coeurs purs, car ils verront Dieu. » (Mt 5, 8)

Marie est mĂšre de Dieu, l’ange lui dit de se rĂ©jouir et elle chante son magnificat pourtant, SymĂ©on lui dira : « Vois! cet enfant doit amener la chute et le relĂšvement d'un grand nombre en IsraĂ«l; il doit ĂȘtre un signe de contradiction — et toi-mĂȘme, une Ă©pĂ©e te transpercera l'Ăąme! — afin que se rĂ©vĂšlent les pensĂ©es intimes de bien des coeurs. » (Lc 2, 34-35) Le monde aura de la haine pour toi, ton fils sera un signe de contradiction, un glaive te transpercera le cƓur, une lance percera le cƓur de celui qui est le Fils de Dieu que tu viens de mettre au monde pour sauver le monde.

En apparence, le monde semble vainqueur et pourtant sa dĂ©faite est dans la lance qui perce le cƓur de JĂ©sus, elle est dans le glaive qui transperce le cƓur de Marie, car le Dieu vivant fait jaillir de la mort la vie pour tuer la mort, le Dieu amour fait jaillir de la haine crachĂ©e sur son visage mĂ©connaissable l’amour impassible qui l’abolit. « Je vous ai dit ces choses, pour que vous ayez la paix en moi. Dans le monde vous aurez Ă  souffrir. Mais gardez courage! J'ai vaincu le monde. » (Jn 16, 33)

« Les gens vous traiteront ainsi à cause de moi, parce qu'ils ne connaissent pas celui qui m'a envoyé. »

« JĂ©sus donc voyant sa mĂšre et, se tenant prĂšs d'elle, le disciple qu'il aimait, dit Ă  sa mĂšre : “Femme, voici ton fils.” Puis il dit au disciple : “Voici ta mĂšre.” DĂšs cette heure-lĂ , le disciple l'accueillit chez lui. » (Jn 19, 26-27)

RĂ©jouissons-nous et ne craignons pas, par amour du monde, de tout le monde, de rĂ©pĂ©ter inlassablement et comme si c’était toujours notre premiĂšre salutation : « Je vous salue Marie, pleine de grĂące, le Seigneur est avec vous et JĂ©sus le fruit de vos entrailles est bĂ©ni. » Sainte Marie, mĂšre de Dieu, priez pour nous pĂ©cheurs, maintenant et Ă  l’heure de notre mort. Ainsi soit-il.

NDC

3 mai, Jn 14, 6-14 : Le Moi de Jésus et notre moi.

Mai 02, 2013 0 Comments Bloggies by Normand Decary

Évangile :

Jésus lui répond : « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie; personne ne va vers le PÚre sans passer par moi.
Puisque vous me connaissez, vous connaßtrez aussi mon PÚre. DÚs maintenant vous le connaissez, et vous l'avez vu. »
Philippe lui dit : « Seigneur, montre-nous le PÚre; cela nous suffit. »
Jésus lui répond : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe! Celui qui m'a vu a vu le PÚre.
Comment peux-tu dire : 'Montre-nous le PĂšre'? Tu ne crois donc pas que je suis dans le PĂšre et que le PĂšre est en moi! Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-mĂȘme; mais c'est le PĂšre qui demeure en moi, et qui accomplit ses propres oeuvres.
Croyez ce que je vous dis : je suis dans le PÚre, et le PÚre est en moi; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins à cause des oeuvres.
Amen, amen, je vous le dis : celui qui croit en moi accomplira les mĂȘmes oeuvres que moi. Il en accomplira mĂȘme de plus grandes, puisque je pars vers le PĂšre.
Tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom, je le ferai, afin que le PÚre soit glorifié dans le Fils.
Si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, moi, je le ferai.
Commentaires :

JĂ©sus sait que l’heure de passer de ce monde Ă  son PĂšre est venue, de retourner lĂ  oĂč il Ă©tait avant la crĂ©ation du monde. «PĂšre, l'heure est venue : glorifie ton Fils, afin que ton Fils te glorifie et que, selon le pouvoir que tu lui as donnĂ© sur toute chair, il donne la vie Ă©ternelle Ă  tous ceux que tu lui as donnĂ©s! Or, la vie Ă©ternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul vĂ©ritable Dieu, et celui que tu as envoyĂ©, JĂ©sus-Christ. Je t'ai glorifiĂ© sur la terre, en menant Ă  bonne fin l'oeuvre que tu m'as donnĂ© de faire. Et maintenant, PĂšre, glorifie-moi auprĂšs de toi de la gloire que j'avais auprĂšs de toi, avant que fĂ»t le monde.» (Jn 17, 1-5)

JĂ©sus retourne vers le PĂšre, car il a menĂ© Ă  bonne fin l’Ɠuvre que le PĂšre lui avait donnĂ© Ă  faire en l’engendrant dans la chair par la puissance de l’Esprit. « Oui, de sa plĂ©nitude nous avons tous reçu, et grĂące pour grĂące. Car la Loi fut donnĂ©e par MoĂŻse; la grĂące et la vĂ©ritĂ© sont venues par JĂ©sus Christ. Nul n'a jamais vu Dieu; le Fils unique, qui est tournĂ© vers le sein du PĂšre, lui, l'a fait connaĂźtre.» (Jn1, 16-18) C’est dans la mort maintenant qu’il sera engendrĂ© afin d’ĂȘtre le premier-nĂ© d’entre les morts par la puissance de l’Esprit et rĂ©pandre cet Esprit dans la chair de la multitude et faire renaĂźtre ceux qui croient en lui.

Les disciples ne comprennent pas encore la valeur infinie du cadeau que JĂ©sus leur donne ainsi qu’à la multitude par ce dĂ©part qui est descente dans la mort et ce retour par l’Esprit qui est la rĂ©surrection. Les disciples en restent Ă  la tristesse de l’annonce du dĂ©part, malgrĂ© les exhortations de JĂ©sus Ă  s’en remettre Ă  sa parole : « Que votre coeur ne se trouble pas! vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi.» (Jn 14, 1)

C’est un don si immense qui est en train de se vivre, un bienfait qui est d’une telle plĂ©nitude, que la pensĂ©e humaine ne peut le contenir. JĂ©sus leur demande d’avoir foi et de bien garder dans leur cƓur ce qu’il dit : « Et quand je serai allĂ© et que je vous aurai prĂ©parĂ© une place, Ă  nouveau je viendrai et je vous prendrai prĂšs de moi, afin que, lĂ  oĂč je suis, vous aussi, vous soyez. Et du lieu oĂč je vais, vous savez le chemin.» (Jn 14, 3-4) Je vous prendrai prĂšs de moi! Thomas dit Ă  JĂ©sus : «Seigneur, nous ne savons pas oĂč tu vas. Comment saurions-nous le chemin?» (Jn 14, 5)

Et JĂ©sus de rĂ©pondre : « Moi, je suis le Chemin, la VĂ©ritĂ© et la Vie : personne ne va vers le PĂšre sans passer par moi.» Moi, dit JĂ©sus, moi je suis le Chemin par oĂč tu viendras Thomas, pour vivre prĂšs de moi dans le PĂšre. Thomas ne saisit pas comment JĂ©sus peut ĂȘtre un chemin qu’il empruntera pour le rejoindre et se rendre au PĂšre. Il demeure muet. Ses mains voudraient toucher ce chemin, ses yeux voudraient le voir s’étirer devant lui et se perdre Ă  l’horizon pour y marcher et avancer.

Philippe, pour briser le silence de leur incapacité à comprendre ce que Jésus enseigne, déclare : « Seigneur, montre-nous le PÚre; cela nous suffit. » Si nous voyons le PÚre, nous verrons bien le chemin pour le rejoindre et te retrouver aprÚs ton départ.

JĂ©sus de rĂ©pondre : « Il y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne me connais pas, Philippe! Celui qui m'a vu a vu le PĂšre.» Il y a si longtemps que je suis avec vous, Philippe et tu ne fais pas la diffĂ©rence en ce que Moi, je suis et ce que tu es, toi. JĂ©sus ne veut pas faire l’éloge de son ego en affirmant qu’il est ce qu’il dit : Moi, je suis le Chemin, la VĂ©ritĂ©, et la Vie. Toi, Philippe, toi Thomas qui es-tu? Ton chemin en ce monde est une impasse, une voie sans issue. DĂšs le jour de ta naissance, l’abĂźme est sous tes pas et Ă  chaque instant tu peux y basculer. Le moindre microbe peut te terrasser, le meurtrier t’enlever la vie, l’agresseur se servir de toi. Qui es-tu, toi Philippe, toi Thomas? Tu es un ĂȘtre mortel, aussi Ă©phĂ©mĂšre qu’une luciole dans la nuit, tu es poussiĂšre et tu retournes Ă  la poussiĂšre. Le bien que tu veux faire, tu n’arrives mĂȘme pas Ă  le faire et le mal que tu ne voudrais pas tu le fais. « Qu’est-ce que l’homme, pour que tu le connaisses, Seigneur, le fils d’un homme, pour que tu comptes avec lui? L’homme est semblable Ă  un souffle,

ses jours sont une ombre qui passe.» (Ps 143, 3-4)

« Moi, dit JĂ©sus, je suis le Chemin qui mĂšne Ă  la vie Ă©ternelle, mois je suis la VĂ©ritĂ©, cette vĂ©ritĂ© qui donne de demeurer dans l’amour qui est amour pour tous et non seulement pour nos proches. Moi, je suis la Vie, la mort n’est pas mon issue, c’est elle qui trouvera la mort en essayant de me retenir. Moi, je suis l’Éternel et je suis venu dans ce corps de chair pour vous donner un nouveau moi, un moi qui n’est pas une impasse, un moi qui peut entrer dans la VĂ©ritĂ©, dans la connaissance de Celui en qui tout subsiste.

« Croyez ce que je vous dis : je suis dans le PĂšre, et le PĂšre est en moi; si vous ne croyez pas ma parole, croyez au moins Ă  cause des oeuvres.» Moi, je suis le Chemin, la VĂ©ritĂ© et la Vie, moi, le PĂšre est en moi et lorsque l’on me voit, on voit le PĂšre.

Il faut renoncer Ă  notre moi pour que le moi de JĂ©sus puisse vivre en notre moi et qu’ainsi le PĂšre qui est en JĂ©sus, vive en nous et que nous ne fassions qu’un par l’Esprit que JĂ©sus rĂ©pand en ce monde par son offrande pour nous au PĂšre.

« Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.» (Ga 2, 20) Ce n’est plus ce moi mortel et impasse qui vit en Paul, ce n’est plus ce moi qui ne parvient pas Ă  faire le bien qu’il voudrait faire, ce moi prisonnier de ses manques, de ces limites, de cette rupture avec Dieu le PĂšre. C’est le Christ qui fait vivre son moi, le Christ dont le Moi est Chemin, VĂ©ritĂ© et Vie, le Christ en qui le PĂšre Ă©ternel habite.

JĂ©sus ne vient pas faire l’éloge de son moi, mais nous faire renaĂźtre en lui afin que notre moi se libĂšre de son impasse, de ses incapacitĂ©s Ă  aimer, des mensonges qui nous retiennent dans un monde d’apparence Ă©phĂ©mĂšre.

Écoutez Jean Baptiste faire la diffĂ©rence entre son moi et celui de JĂ©sus :

« Moi, je baptise dans l'eau. Au milieu de vous se tient quelqu'un que vous ne connaissez pas, celui qui vient derriĂšre moi, dont je ne suis pas digne de dĂ©nouer la courroie de sandale.» (
) « Voici l'agneau de Dieu, qui enlĂšve le pĂ©chĂ© du monde. C'est de lui que j'ai dit : DerriĂšre moi vient un homme qui est passĂ© devant moi parce qu'avant moi il Ă©tait. Et moi, je ne le connaissais pas; mais c'est pour qu'il fĂ»t manifestĂ© Ă  IsraĂ«l que je suis venu baptisant dans l'eau.» Et Jean rendit tĂ©moignage en disant : «J'ai vu l'Esprit descendre, tel une colombe venant du ciel, et demeurer sur lui. Et moi, je ne le connaissais pas, mais celui qui m'a envoyĂ© baptiser dans l'eau, celui-lĂ  m'avait dit : «Celui sur qui tu verras l'Esprit descendre et demeurer, c'est lui qui baptise dans l'Esprit Saint.» Et moi, j'ai vu et je tĂ©moigne que celui-ci est l'Élu de Dieu.» (Jn 1, 26-27. 29-34)

Moi, je suis le Chemin, la VĂ©ritĂ© et la Vie, moi, je baptise dans l’Esprit Saint, je baptise dans mort ceux qui meurent avec moi Ă  leur moi, pour renaĂźtre avec moi par la puissance de l’Esprit dans la volontĂ© du PĂšre.

«Vous, vous ĂȘtes d'en bas; moi, je suis d'en haut. Vous, vous ĂȘtes de ce monde; moi, je ne suis pas de ce monde. Je vous ai donc dit que vous mourrez dans vos pĂ©chĂ©s. Car si vous ne croyez pas que Je Suis, vous mourrez dans vos pĂ©chĂ©s.» Ils lui disaient donc : «Qui es-tu?» JĂ©sus leur dit : « Je n’ai pas cessĂ© de vous le dire » (Jn 8, 23-25)

JĂ©sus n’a pas de cesse de nous dire qui il est et nous parvenons mal Ă  l’entendre, car nous croyons qu’il est quelqu’un comme nous qui tente de se dire supĂ©rieur Ă  nous afin de nous assujettir Ă  lui. Pourtant, il n’a pas besoin de nous, ni de notre louange pour ĂȘtre dans la plĂ©nitude de ce qu’il est et il se livre tout de mĂȘme Ă  nous afin que nous puissions vivre de lui, malgrĂ© toute notre ingratitude et nos plans meurtriers Ă  son endroit. Ce qui fait dire Ă  Paul, Ă©pris d’amour pour le Christ : « GrĂące Ă  la Loi (qui a fait mourir le Christ), j'ai cessĂ© de vivre pour la Loi afin de vivre pour Dieu. Avec le Christ, je suis fixĂ© Ă  la croix : je vis, mais ce n'est plus moi, c'est le Christ qui vit en moi. Ma vie aujourd'hui dans la condition humaine, je la vis dans la foi au Fils de Dieu qui m'a aimĂ© et qui s'est livrĂ© pour moi.» (Ga 2, 19-20)

À celui qui vit dans l’amour au Fils de Dieu qui l’a aimĂ© et s’est livrĂ© pour lui, tout lui sera accordĂ© s’il le demande au nom de celui qui n’a rien refusĂ© Ă  la volontĂ© du dessein d’amour du PĂšre et Ă  qui le PĂšre n’a rien refusĂ© parce qu’ils ne font qu’un dans l’Esprit.

Tout ce que vous demanderez en invoquant mon nom, je le ferai, afin que le PÚre soit glorifié dans le Fils.
Si vous me demandez quelque chose en invoquant mon nom, moi, je le ferai.
NDC

2 mai, Jn 15, 9-11 : La joie qui n’est pas comme celle du monde

Mai 01, 2013 0 Comments Bloggies by Normand Decary

Évangile :

Comme le PÚre m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.
Si vous ĂȘtes fidĂšles Ă  mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j'ai gardĂ© fidĂšlement les commandements de mon PĂšre, et je demeure dans son amour.
Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblés de joie.

Commentaires :
JĂ©sus veut prĂ©parer le cƓur des disciples au feu de l’amour du PĂšre dont il est aimĂ©, et dont il les aime et qu’il aime le PĂšre dans l’Esprit. JĂ©sus veut « qu’ils parviennent au plein Ă©panouissement de l’intelligence qui les fera pĂ©nĂ©trer le mystĂšre de Dieu, dans lequel se trouvent, cachĂ©s, tous les trĂ©sors de la sagesse et de la connaissance! » (Col 2, 2-3)

Ce mystĂšre de Dieu qui mĂšne Ă  la paix et Ă  la joie que rien ne peut ravir, « je vous dis que beaucoup de prophĂštes et de rois ont voulu voir ce que vous voyez et ne l'ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l'ont pas entendu! » (Lc 10, 23) « Ce mystĂšre restĂ© cachĂ© depuis les siĂšcles et les gĂ©nĂ©rations (
) c'est le Christ parmi vous! L'espĂ©rance de la gloire! » (Col 1, 24-27) Le mystĂšre de Dieu, c’est le mystĂšre du Christ parmi nous qui vient donner sa vie pour nous, la vie de Dieu. « Comme le pĂšre en effet a la vie en lui-mĂȘme, de mĂȘme a-t-il donnĂ© au Fils d'avoir aussi la vie en lui-mĂȘme et il lui a donnĂ© pouvoir d'exercer le jugement parce qu'il est Fils d'homme. » (Jn 5, 26-27) JĂ©sus exerce le jugement en prenant sur lui par amour pour nous toutes nos fautes afin que nous puissions nous prĂ©senter la tĂȘte haute devant le PĂšre et entrer dans sa joie. C’est lui qui se laisse juger et condamner Ă  notre place afin de mourir pour nous, descendre dans la mort, en ressortir vainqueur par l’Esprit du PĂšre et rĂ©pandre sur nous cet Esprit qui nous fera renaĂźtre de sa vie.

« Car Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour juger le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Qui croit en lui n'est pas jugé; qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu'il n'a pas cru au Nom du Fils unique de Dieu. » (Jn 3, 17-18)

JĂ©sus supplie ses disciples de demeurer dans son amour, d’éviter le jugement et d’entrer par lui dans le Royaume du PĂšre. Demeurez dans mon amour! Demeurez en moi en Ă©tant fidĂšles Ă  ce que je vous commande comme moi, je suis fidĂšle Ă  obĂ©ir au PĂšre pour faire renaĂźtre la multitude dans l’Esprit d’amour qui unit le PĂšre, le Fils et l’Esprit. « Ma nourriture est de faire la volontĂ© de celui qui m'a envoyĂ© et de mener son oeuvre Ă  bonne fin. » (Jn 4, 34) Que votre nourriture soit la fidĂ©litĂ© Ă  demeurer dans mon amour en Ă©tant fidĂšles Ă  ce que je vous commande dans ma parole de vie.

« Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que vous soyez comblĂ©s de joie. » Ce n’est pas une joie comme le monde la donne, c’est une joie qui jaillit du cƓur qui se donne pour les autres afin de rassembler la multitude dans l’amour. Comme JĂ©sus le Christ, le mystĂšre de Dieu, s’est donnĂ© pour nous sur la croix afin de nous rassembler dans l’unitĂ©, ainsi nous devons avec lui, par lui et en lui nous donner pour les autres et construire son Église dont il est la pierre angulaire.

« Avec joie, vous rendrez grùce à Dieu le PÚre, qui vous a rendus capables d'avoir part, dans la lumiÚre, à l'héritage du peuple saint. Il nous a arrachés au pouvoir des ténÚbres, il nous a fait entrer dans le royaume de son Fils bien-aimé, par qui nous sommes rachetés et par qui nos péchés sont pardonnés. » (Col 1, 12-14)

La joie que JĂ©sus nous donne n’est pas comme celle du monde, c’est la joie de demeurer dans son amour afin de pouvoir mourir d’amour avec lui pour les autres et construire son Église, lĂ  oĂč tous peuvent trouver refuge, vĂȘtement, nourriture pour traverser cette terre d’exil dans la paix et la joie.

« Paix Ă  vous! Comme le PĂšre m'a envoyĂ©, moi aussi je vous envoie. » (Jn 20, 21) Je vous envoie comme des brebis au milieu des loups, je vous envoie les mains vides et le cƓur plein de cet amour du PĂšre en vous parce que vous m’aimez et demeurez fidĂšles Ă  mon commandement de vous aimer comme je vous ai aimĂ©s.

« En ce moment je trouve ma joie dans les souffrances que j'endure pour vous, et je complĂšte en ma chair ce qui manque aux Ă©preuves du Christ pour son Corps, qui est l'Église. » (Col 1, 24)

Le mystĂšre de Dieu, c’est le Christ et le Christ JĂ©sus a donnĂ© sa vie pour nous.

« L'Esprit Saint, que le PÚre enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. Je vous laisse la paix; c'est ma paix que je vous donne; je ne vous la donne pas comme le monde la donne. » (Jn 14. 26-27)

Normand Décary-Charpentier

1er mai, Jn 15, 1-8 : La vigne et la croix

Avril 30, 2013 0 Comments Bloggies by Normand Decary

Évangile :

À l’heure oĂč JĂ©sus passait de ce monde Ă  son PĂšre, il disait Ă  ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon PĂšre est le vigneron. Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon PĂšre l’enlĂšve; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu’il donne davantage. Mais vous, dĂ©jĂ , vous voici nets et purifiĂ©s grĂące Ă  la parole que je vous ai dite : < Demeurez en moi, comme moi en vous.> De mĂȘme que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-mĂȘme s’il ne demeure pas sur la vigne, de mĂȘme vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.

“Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, celui-lĂ  donne beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, il est comme un sarment qu’on a jetĂ© dehors, et qui se dessĂšche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brulent.

‘Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voudrez, et vous l’obtiendrez. Ce qui fait la gloire de mon Pùre, c’est que vous donniez beaucoup de fruit : ainsi, vous serez pour moi des disciples.’

Commentaires :

À l’heure oĂč JĂ©sus passait de ce monde Ă  son PĂšre, il veut bien montrer Ă  ses disciples qu’il est venu dans ce monde pour y demeurer et le faire renaitre Ă  la vie Ă©ternelle. ‘Moi, je suis la vraie vigne, et mon PĂšre est le vigneron.’ Moi, je suis le nouveau cĂ©page que mon PĂšre vigneron a semĂ© en ce monde pour y donner un fruit de vie Ă©ternelle. ‘Comme MoĂŻse Ă©leva le serpent dans le dĂ©sert, ainsi faut-il que soit Ă©levĂ© le Fils de l'homme, afin que quiconque croit ait par lui la vie Ă©ternelle.’ (Jn 3, 14-15) Moi, je suis la vraie vigne qui s’élĂšve pour porter les fruits de la vie Ă©ternelle.

Le PÚre vigneron a par avance puisé dans les richesses de grùce de la vraie vigne pour préparer la matrice immaculée du Germe de vie éternelle qui venait grandir en ce monde de ténÚbres, de sécheresses, de stérilité, pour y répandre la vie nouvelle.

Il a veillĂ© sur sa vigne pour accomplir son dessein d’amour envers la multitude. Marie et Joseph Ă©taient par leur humilitĂ© Ă  l’écoute de l’Esprit pour veiller sur l’enfant, vigne du Seigneur. ‘Ils accomplissaient tout ce qui Ă©tait conforme Ă  la Loi du Seigneur (
) et l'enfant grandissait, se fortifiait et se remplissait de sagesse. Et la grĂące de Dieu Ă©tait sur lui.’ (Lc 2, 39.40)

La vigne grandissait et s’enracinait en ce monde. ‘Ce qui fut en lui Ă©tait la vie, et la vie Ă©tait la lumiĂšre des hommes et la lumiĂšre luit dans les tĂ©nĂšbres et les tĂ©nĂšbres ne l'ont pas saisie.’ (Jn 1, 4-5) La pleine lumiĂšre assure la santĂ© de la vigne, elle l’absorbe par ses feuilles et elle promet ainsi de beaux fruits. Alors, comment ne pas avoir toutes les attentes des plus beaux fruits de cette vigne qui est la vie elle-mĂȘme, qui est la lumiĂšre mĂȘme et le soleil des soleils?

‘Je suis la vraie vigne, dit JĂ©sus, et mon PĂšre est le vigneron’. Quelle joie devrait monter de tous les coeurs sur cette terre Ă  voir cette vigne s’élever et nous attirer pour nous y unir Ă  elle afin de faire couler dans nos veines sa sĂšve! ‘Telle est ma joie, dit Jean-Baptiste, et elle est complĂšte. Il faut que lui grandisse et que moi je dĂ©croisse. Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tous; celui qui est de la terre est terrestre et parle en terrestre. Celui qui vient du ciel tĂ©moigne de ce qu'il a vu et entendu, et son tĂ©moignage, nul ne l'accueille.’ (Jn 3, 29-32)

Cette sĂšve est son sang qu’il vient verser pour nous afin de nous racheter de ce monde stĂ©rile oĂč la vie s’écrase dans la mort, tel un avion dans l’ocĂ©an. Ce sang trĂšs prĂ©cieux qui nous purifie de ce qui nous sĂ©pare du vigneron et de la vigne et ainsi nous garde unis au vigneron et Ă  sa vigne pour porter du fruit en abondance, ce sang a Ă©tĂ© versĂ© sur la croix, l’arbre de vie.

‘Quand vous aurez Ă©levĂ© le Fils de l'homme, alors vous saurez que Je Suis et que je ne fais rien de moi-mĂȘme, mais je dis ce que le PĂšre m'a enseignĂ©, et celui qui m'a envoyĂ© est avec moi; il ne m'a pas laissĂ© seul, parce que je fais toujours ce qui lui plaĂźt.’ (Jn 8, 28-29)

Ce sang qui coule de la croix est incompatible avec le sang de celui qui ne se donne pas avec lui pour les autres, avec celui qui ne pardonne pas comme il est pardonnĂ©, avec celui qui n’est pas assoiffĂ© de justice, qui n’est pas artisan de paix, qui ne pleure pas avec ceux qui pleurent.

‘Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon PĂšre l’enlĂšve; tout sarment qui donne du fruit, il le nettoie, pour qu’il donne davantage.’ Tout sarment qui demeure en lui peut accomplir par sa grĂące ce que lui a fait pour nous et ainsi il demeure en lui pour porter plus de fruits. Il n’hĂ©sitera pas Ă  tendre l’autre joue Ă  celui qui vient de le frapper, Ă  donner son manteau Ă  celui qui prend sa chemise, Ă  faire deux mille pas pour celui qui en demande mille, Ă  se faire artisan de paix, Ă  choisir la douceur. Qui nous sĂ©parera de la vigne du Christ, de l’amour du Christ
 qui nous empĂȘchera de laisser couler en nous ce sang de JĂ©sus qui nous rend vivants et nous fait porter les fruits de l’amour vĂ©ritable. La vraie vigne est l’amour vĂ©ritable, l’amour qui se donne et qui est vie parce qu’elle est communion avec tous par le Fils de Dieu qui se donne Ă  nous et en qui le PĂšre est prĂ©sent dans la puissance de l’Esprit.

La gloire de Dieu c’est que nous soyons des amoureux fous, des amoureux qui ne renoncent pas Ă  aimer de l’amour dont ils sont aimĂ©s Ă  chaque instant.

‘Qui nous sĂ©parera de l'amour du Christ? La tribulation, l'angoisse, la persĂ©cution, la faim, la nuditĂ©, les pĂ©rils, le glaive? Selon le mot de l'Écriture : À cause de toi, l'on nous met Ă  mort tout le long du jour; nous avons passĂ© pour des brebis d'abattoir. Mais en tout cela nous sommes les grands vainqueurs par celui qui nous a aimĂ©s. Oui, j'en ai l'assurance, ni mort ni vie, ni anges ni principautĂ©s, ni prĂ©sent ni avenir, ni puissances, ni hauteur ni profondeur, ni aucune autre crĂ©ature ne pourra nous sĂ©parer de l'amour de Dieu manifestĂ© dans le Christ JĂ©sus notre Seigneur.’ (Ro 8, 35-39)

Normand Décary-Charpentier


Conditions d'utilisation et droit de reproduction du site